Conférence de presse du DAL37

Publié le : , par  Mougel
  • Centre Social (quartier du Sanitas, en face du LIDL)
    place du Commandant TULASNE - Tours

Si vous lisez le Canard Enchaîné, vous avez sûrement vu l’article du jour "Ginette du DAL...". Avec l’aimable autorisation de Monsieur Brimo de la rédaction du Canard, l’article est intégralement reproduit ci-dessous.

Le DAL 37 organisait une conférence de presse jeudi 7 juin. Jean Baptiste Eyraud, porte parole de la fédération nationale du DAL était présent, apportant son soutien à la présidente du DAL 37.

Lien vers l’article de la Nouvelle République qui annonçait cette conférence de presse.

Le compte rendu de la Nouvelle République du 8 juin sur la conférence de presse.

L’article de la Nouvelle République du 9 juin rapportant la position du Conseil Général.

Ginette du DAL et les Poulets chanteurs
Le Canard enchaîné – 6 juin 2012
« Un petit coup de pouce pour ton dossier, ce serait quand même bien que tu reprennes ton gosse, Ginette...  » ont soufflé deux flics de Tours, le 17 avril, à Ginette Roiseau, la présidente de Droit au logement (DAL) en Indre-et-Loire. Et c’est vrai que Ginette a besoin d’aide. Il y a quatre ans, elle était hospitalisée, victime de violences graves de la part d’un mari alcoolique. Quand elle est sortie, plus de logement et plus de gamins. Ils étaient placés. Elle a retrouvé un studio. Trop petit pour y vivre avec les enfants. Entre-temps, sa fille est devenue majeure, et, « à force de mobilisation », Ginette a enfin eu son F4 en mai 2011. Mais l’Aide sociale à l’enfance (ASE) a décidé que son fils de 13 ans « n’[était] pas encore prêt » à vivre chez elle, et la juge des enfants a suivi.
Peut-on imaginer qu’on ne lui rende pas son enfant parce qu’elle milite et gêne les flics, le préfet et la mairie ? Mais pas du tout, voyons ! La preuve, les bons policiers lui tendent leur main secourable : « Voilà, on voulait te parler de ta situation perso. Un collègue nous en a parlé et ça nous a interpellés... » Charitable, mais pas gratuit. Il va falloir balancer quelques renseignements... Et, pour être sûre d’être crue, Ginette, convoquée au commissariat central de Tours, avait branché un petit enregistreur. « Le Canard » a mis la palme sur ce dialogue d’une heure. Exemplaire.
Dans le bureau, les deux policiers et Ginette, essoufflée d’avoir monté les étages. On parle de choses et d’autres. Des familles à la rue, aidées par le DAL. Qui sont-ils ? Des Kosovars ? Des Arméniens ? « Qui va payer les nuitées ? » « Ils vont pas loger chez l’habitant ? Chez qui ? » Habituellement pourchassé, le DAL y est bizarrement complimenté : « Vous bossez bien ensemble avec chrétiens migrants... Vous êtes des gens sérieux ! Une bonne petite équipé ! » Pas comme « les autres », « ces anarchistes », « ces fouteurs de trouble » (sic). « Ces gens-là, Ginette, ils ont rien à voir avec toi ! Leur but, c’est de faire chier le monde ! » « Pour le respect du DAL, Ginette, faut te méfier de ces parasites ! C’est des extrémistes » Les poulets osent même « Il faut re-cré-di-bi-li-ser le DAL !  » Chacun saura, désormais, que c’est là une des priorités de la police. Et ainsi de suite. Jusqu’à ce que les poulets en arrivent à leur propos véritable. « Nous, on peut voir à faire pencher la balance du bon côté pour toi, tu vois ? » Non, elle ne voit pas.
Pour la convaincre, alors, de leur puissance d’intervention, les policiers y vont au bazooka : ils ont réussi à retarder des expulsions locatives. « Tu sais, nous, on peut discuter avec les huissiers, on dit pas qu’il y aura plus d’expulsions, mais on peut toujours s’arranger... » Très fort ! Ils proposent aussi, très gentiment, de « laisser le DAL planter les tentes, deux heures, pour la photo ». Et le pompon : « T’as jamais entendu parler de gens qui devraient être en prison et qui n’y sont pas ? C’est qu’un exemple, hein ! » Ce ne serait pas des récompences à ce qu’on appelle des « indics », des « tontons », des « balances » ?
Ensuite viennent les carottes agitées sous le nez de la malheureuse : « Ton dossier à l’Aide sociale à l’enfance, faut que tu nous donnes les références. Et, pour le boulot, t’as postulé où – Un peu partout, je prends tout... – On peut aussi te filer le coup de pouce là-dessus...  » De vrais pères Noël, ces flics ! Quoique... « C’est un échange de bons procédés, tu vois... » Quelle légèreté dans le piège ! « Nous ce qu’on te demande simplement c’est pas de chercher à balancer. Pas du tout ! Mais de travailler avec nous et de pas te laisser parasiter ! »
Et ça consiste en quoi, ce « travail » pour la police ? « Quand les anarchistes passent à l’action eh ben, tu nous appelles... » Tout simplement. « Alors, Ginette, on fait comme ça ? T’as nos téléphones, hein ! Ce serait bien si tu récupérais ton fiston pour la rentrée scolaire... »
Ah ! c’est beau de réchauffer ainsi le cœur d’une mère qui souffre ! Et faire le ménage chez les maîtres chanteurs, ce serait pas mal non plus...
D.S.

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